claire/ mars 31, 2017/ Pêle-mêle, plaisirs et autres subtilités

Le ravissement Caramel

 

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©ClaireM!

— Tu ne connais pas Monsieur Caramel ?! Il faut que tu le rencontres ! Il est extraordinaire. Tu ne peux pas imaginer.

C’est ainsi que mon amie Amy me parla du nouveau confiseur installé dans sa rue. J’ai d’abord cru qu’il s’agissait de son vrai nom mais j’ai bientôt su que c’était un surnom.

« La première fois que je suis entrée dans sa boutique, je revenais du cinéma, il était près de minuit, en janvier, mais il y avait une vitrine encore éclairée, de l’intérieur. Je me suis approchée, curieuse. Monsieur Caramel est apparu, il s’est effacé pour nous faire entrer. Il ouvrait le lendemain, et était en train de mettre les dernières touches. Alors, il m’a fait asseoir, m’a offert une infusion et un caramel, je croyais que je connaissais les caramels. Je n’aime pas tellement cela, à vrai dire, ça colle aux dents et c’est toujours un peu trop sucré. Mais celui-là, il était si bon, si doux, que j’ai été transportée… à tel point que j’en ai rêvé dans la nuit ! »

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Piquée de curiosité, moi qui n’aime pas non plus tant que ça les caramels, j’ai décidé d’aller voir cette boutique, au 79, rue Duhesmes, qui ouvre à 15h en semaine, et le dimanche à 11h, pour fermer un peu plus tôt. Le dythirambe était tel que je craignais d’être déçue.

Mais n’hésitez pas. Ce grand jeune homme d’un tiers de siècle, qui après des études de design en Corée est venu faire les Beaux Arts en France mais a bifurqué sur l’école de pâtisserie de Le Nôtre « car la pâtisserie, c’est plus délicat » que la cuisine en général, et a fait ses armes auprès de Robuchon, vous ravira.

Ne croyez pas que c’est un hasard si tout y est fait pour captiver tous vos sens, de l’ancien tourne-disque d’où Django Reinhart vous berce, des nuances subtiles qui captivent votre palais, aux harmoniques visuels de ce lieu unique un peu salon de thé, mais dont Yohan Kim (de son vrai nom) aimerait faire un lieu d’art total. Jusqu’au tasses tournées à la main. D’ailleurs, c’est une des pistes de celui qui organisa de l’événementiel culinaire autour des autres défilés et expositions de la Galerie de la rue Française : devenir un « pôtissier » autant pâtissier que potier.

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On pousse la porte, et le temps que Monsieur Caramel, selon le surnom donné à la Galerie à notre délicat talent, emballe votre assortiment de caramels, vous dégustez l’infusion de Sceau de Salomon qu’il vous sert avec une mini madeleine sortie du four, moelleuse au cœur et très subtilement parfumée. « je voulais sortir la gastronomie du monde de l’art et du luxe, et me mettre à la portée de ceux qui n’en ont pas les moyens. J’ai eu envie de créer un lieu de rencontre ».

Et non seulement on vient, parce qu’on habite dans ce petit coin du XVIIIe, mais on y revient parce que tout y est subtil, qu’ici se fait l’alliance du « beau et du bon » et que se dégage cette atmosphère propice à ressentir le temps qui passe avec volupté.

Claire Merrien

 

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