ou comment le Rassemblement national se dévoile par ses mots

1er mai du RN

première partie… le temps des brebis égarées.

Tous les commentateurs du moment s’en souviennent, le premier mai 2015, Marine Le Pen affirmant sa nouvelle position de cheffe du parti d’extrême droite fondé par son père, écartant le « Président d’honneur », puis se faisant voler la vedette quelques secondes sur l’estrade par un vieillard en loden rouge écartant les bras comme une bénédictin à ses ouailles.
Comme on le voit sur le cliché, il y a peu de monde : seul le parvis de l’Opéra Garnier est occupé par les militants débarqués de leurs provinces par des dizaines de cars garés tout au long de l’avenue de l’Opéra, regrettant tout haut « Jean-Marie », en attendant le discours de sa fille.
Pourtant le soir, aux journaux télévisés, voire en direct, les plans choisis par les rédactions sont serrés et donnent le sentiment d’une foule nombreuse, compacte et unanime. Ce jour-là, au milieu du troupeau j’ai entendu des blagues, pas contre les Juifs, mais les Arabes. C’était un hasard, je n’ai pas attendu assez longtemps, c’était déjà tellement odieux, que j’ai fui lâchement les rires gras et l’œil inquisiteur qui ne fixait, en profitant des huées « Putains de salopes! », « Tuez-la! » qui ont accueilli l’apparition de trois Femens au balcon du café de la Paix, qui sous l’Occupation arborait des bannières nazies.

Tuez-la ! Putain de salope !

Les paroles pour le bélier

On ne parle pas de brebis galeuses à l’époque. Les choses sont claires : le FN est un parti de « F comme fachos, N comme nazis » clament les manifestants à chaque fois que l’occasion leur est donné de dénoncer des prises de positions du vieux briscard fondateur. Et les occasions se répètent. Fascinant déjà certains journalistes, comme des enfants se tenant au bord d’une falaise pour se faire peur. Les codes d’appartenance, telle l’affichette qu’on distingue au dos de l’un des manifestants ne sont connus que de ces petits groupes. C’est une autre forme de jeu, de milice cachée, toujours prête à des mauvais coups, qualifiés de « bavures » quand ils ne sont pas couverts comme des soi-disant « victimes » par le patriarche Le Pen comme pour ses colleurs d’affiche condamnés pour le meurtre à Marseille d’Ibrahim Ali, en 1995. Il ne pouvait feindre d’en ignorer l’existence contrairement à ceux qui, moins de deux mois et demi plus tard, poussaient dans la Seine Brahim Bouaraam. Comme aujourd’hui, le FN affirmait qu’ils n’avaient rien à voir avec ces skinheads. Leur procès démontrera le contraire… trois ans plus tard, alors que l’actualité du FN se concentre sur l’éviction du dauphin Mégret.

Des militants lors du discours de MLP du 1er mai 2015 à Paris